Définition, risques mesurés, indicateurs, comportements clients et rôle d'un logiciel ALM. Un guide court pour qui découvre le sujet, ou doit l'expliquer.
L'ALM, pour Asset and Liability Management, est la gestion actif-passif d'une banque ou d'un assureur : la discipline qui mesure et pilote les écarts de durée, de taux et de liquidité entre ce que l'établissement possède (ses actifs : crédits, titres, placements) et ce qu'il doit (ses passifs : dépôts, épargne, emprunts, engagements envers les assurés).
Une banque prête long et emprunte court. Elle promet à ses déposants de rendre leur argent à tout moment, et à ses emprunteurs de ne rien réclamer avant quinze ou vingt ans. Cet écart s'appelle la transformation. Tant que les taux et la confiance restent stables, il rapporte. Quand ils bougent, il coûte. La gestion actif-passif existe pour mesurer cet écart avant qu'il ne se voie dans les comptes.
L'ALM répond à trois questions : quel sera le bilan demain, quelle marge produira-t-il, et quels risques de taux et de liquidité porte-t-il, dans chaque scénario économique.
Le risque que la valeur du bilan ou la marge d'intérêt baisse quand les taux de marché changent. Un crédit à taux fixe accordé à 2 % perd de la valeur si les taux montent à 4 % ; un dépôt à vue non rémunéré devient une ressource précieuse. Le régulateur parle de risque de taux du portefeuille bancaire, ou IRRBB.
Le risque de ne pas pouvoir honorer ses engagements à leur échéance, faute de ressources disponibles : retrait massif des dépôts, fermeture du marché interbancaire, tirage simultané de lignes de crédit. Une banque peut être solvable et illiquide.
Un contrat ne s'écoule pas comme son échéancier le prévoit. L'emprunteur peut rembourser par anticipation quand les taux baissent, ou renégocier. Le déposant peut laisser dormir son argent pendant vingt ans, ou le retirer demain. Le titulaire d'un plan d'épargne logement le ferme ou le garde selon les taux du moment.
La gestion actif-passif repose donc sur des modèles de comportement : taux de remboursement anticipé, taux de renégociation, écoulement conventionnel des dépôts sans échéance, part stable et part volatile, taux de clôture. Ces modèles transforment un bilan contractuel en bilan économique, le seul qui compte pour mesurer les risques.
| Terme | Définition |
|---|---|
| Date d'arrêté | La date du bilan que l'on projette. Tous les contrats sont pris dans leur état à cette date. |
| Encours | Le capital restant dû d'un contrat ou d'un portefeuille à une date donnée. On distingue l'encours de fin de mois et l'encours moyen du mois. |
| Écoulement | La trajectoire de l'encours dans le temps, contractuelle pour un crédit, conventionnelle pour un dépôt sans échéance. |
| Vision liquidité / vision taux | En vision liquidité, un contrat reste au bilan jusqu'à son remboursement. En vision taux, il en sort dès que son taux se refixe. |
| Gap | L'écart entre actifs et passifs sur une période, en liquidité (échéances) ou en taux (refixations). |
| Marge nette d'intérêt | La différence entre les intérêts reçus sur les actifs et les intérêts payés sur les passifs, projetée dans chaque scénario. |
| Taux de cession interne | Le taux auquel la trésorerie centrale achète ou vend la liquidité aux métiers. Il sépare la marge commerciale de la marge de transformation. |
| Production nouvelle | Les contrats qui n'existent pas encore à la date d'arrêté et que l'on suppose produits dans le futur, pour projeter un bilan complet. |
| Scénario | Un jeu d'hypothèses de taux, de liquidité, d'inflation et de comportements. Un run ALM en calcule plusieurs : central, hausse, baisse, aplatissement, pentification. |
| EVE | Economic Value of Equity : la valeur actualisée de tous les flux d'actif moins celle des flux de passif, et sa variation sous choc. |
Les deux gèrent l'adossement entre actifs et passifs, mais le passif diffère. Pour une banque, ce sont des dépôts et de l'épargne à vue ou à terme ; pour un assureur, des engagements envers les assurés, avec des rachats et des versements sensibles aux taux. L'actif d'un assureur, obligations, swaps, options, se projette avec les mêmes outils que celui d'une banque.
Interest Rate Risk in the Banking Book : le risque de taux du portefeuille bancaire, encadré par le Comité de Bâle et l'Autorité bancaire européenne. Il se mesure par la sensibilité de l'EVE et de la marge nette d'intérêt à des chocs de taux normés.
Au moins trimestriellement pour le reporting réglementaire, mensuellement dans la plupart des établissements pour le pilotage, et à la demande pour tester une hypothèse ou une décision de couverture. D'où l'importance d'un logiciel ALM rapide.
Parce que deux crédits de la même poche n'ont ni la même date, ni le même taux, ni le même comportement. La projection contrat par contrat évite les approximations d'agrégation et permet d'expliquer chaque chiffre jusqu'au contrat qui le porte.
X-ALM est un logiciel ALM qui projette le bilan d'une banque contrat par contrat, sur vingt-cinq ans, dans tous les scénarios de taux et de liquidité, et restitue les indicateurs de pilotage et réglementaires dans Power BI. Il s'installe sur un simple poste de travail, sans serveur ni base de données.
Une démonstration d'une heure sur un bilan d'exemple : du contrat au gap, du gap à l'EVE.